Critique: Beyond the Ice Palace 2
Voici notre critique du jeu Beyond the Ice Palace 2, testé sur Nintendo Switch.

Genre: Metroidvania, Aventure
Développeur: Storybird Studio
Date de sortie: 10 mars 2025
Disponible sur PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S et Nintendo Switch.
En 1988, un jeu d’aventure intitulé Beyond the Ice Palace est apparu sur Amiga, Commodore 64, Amstrad CPC et ZX Spectrum. Il s’agissait d’ordinateurs 8-bit et 16-bit, qui sont probablement inconnus de la plupart d’entre vous. Ce jeu de plates-formes et d’aventure présentait des éléments similaires à un jeu du nom de Ghosts ’n Goblins, paru quelques années auparavant. Le titre a connu un succès modéré et, chose surprenante, il reçoit une suite officielle 37 ans plus tard. Par contre, mis à part le titre, la suite ne possède pas beaucoup de similarités avec le jeu original. Ce qui rendait le premier jeu unique était la possibilité de ramasser des armes au sol, et cette fonctionnalité n’est même pas présente dans le deuxième jeu. Toutefois, le jeu original pouvait aussi être complété en seulement une dizaine de minutes, c’est donc probablement une bonne chose que les deux jeux n’aient pas trop de points en commun. Cela dit, son origine est sans importance ; ce qui compte, c’est de savoir si c’est un bon jeu. Alors, est-ce un bon jeu?
L’élu
Il y a fort longtemps, les divinités désignèrent un élu en lançant une flèche depuis les cieux. L’élu a été frappé par la flèche et est devenu le nouveau champion, recevant en cadeau les pouvoirs nécessaires pour vaincre les forces du mal. Il fut alors acclamé comme un héros et proclamé roi. Chaque année, les dieux lancent une nouvelle flèche qui vient toujours transpercer le nouveau roi, prouvant à tous qu’il est le plus puissant du royaume. Mais un jour, des entités malveillantes réussirent à s’emparer des flèches enchantées et les maudirent. L’une d’elles fut ensuite utilisée pour assaillir le roi, qui perdit tous ses pouvoirs et fut presque tué. Sans son héros, le royaume retomba sous la domination des forces du mal, qui ne tardèrent pas à s’y installer définitivement. Quelques mois plus tard, des sages trouvèrent le moyen d’envoyer un rayon divin en direction du tombeau du roi. Ce rayon eut pour effet de restaurer sa vitalité et de lui redonner la force de combattre les forces maléfiques.



L’histoire est simple: un héros qui lutte contre les forces du mal. Il s’agit d’une suite du jeu de 1988, alors il fallait qu’il continue sur la même lancée. Cela dit, ce type de contexte est un peu moins stimulant en 2025. L’histoire est très générique et, en plus, elle est mal exploitée. La plupart des personnages que vous rencontrerez pendant votre aventure ne feront que vous expliquer comment fonctionnent les commandes du jeu. Bien sûr, cela n’affecte pas la jouabilité, mais ce serait quand même plus intéressant si, au lieu de ça, ils nous parlaient un peu d’eux-mêmes. Certains le font, mais la majorité se contente de vous parler du double saut ou de l’esquive plutôt que d’approfondir l’histoire.

Un jeu qui innove peu
Bien que Beyond the Ice Palace 2 n’apporte rien de nouveau au genre, il utilise tous les éléments qui devraient en faire une merveille. Au niveau de la jouabilité, il s’agit d’un Metroidvania assez classique. Vous aurez accès à un fouet (ou, dans ce cas-ci, à des chaînes), à un double saut, à des esquives, à des glissades, à des murs secrets et vous devrez combattre des ennemis. Et tout cela dans des environnements que vous devrez revisiter après avoir appris de nouveaux pouvoirs pour accéder à de nouvelles zones. En d’autres termes, c’est exactement ce à quoi vous vous attendez dans un jeu de ce genre. Si une recette est parfaite, à quoi bon la changée? Toutefois, pour qu’une recette soit réussie, il ne suffit pas d’avoir les bons ingrédients, il faut aussi respecter les dosages.


La marche rapide
En ce qui a trait à la liste de mouvements, Beyond the Ice Palace 2 est généreux. Dès le départ, vous aurez accès à un grand choix de mouvements, et il sera possible d’en débloquer davantage au fil du jeu. Par contre, ils ont omis de nous donner la possibilité de courir. Vous constaterez rapidement que votre personnage est plutôt lent, et qu’il n’est pas possible de presser deux fois sur le bouton « Avancer » pour commencer à courir. Au mieux, vous pourrez marcher rapidement. Cela vous amènera sûrement à esquiver comme un maniaque pour gagner quelques secondes par niveau. Le double saut combiné à une esquive sera votre principal moyen de locomotion.
Parlant d’esquive, à part pour se déplacer plus rapidement, elle est très peu pratique en combat. Bien qu’elle devrait être indispensable, je ne m’en suis servi que trop peu pendant l’aventure. De plus, les combats sont agréables, mais ils manquent d’intensité. Les ennemis qui peuplent les niveaux sont relativement faciles à vaincre. Votre personnage peut aussi faire le moulinet avec ses chaînes, ce qui rend plusieurs ennemis complètement inutiles. Il suffit de faire tourner vos chaînes pour qu’ils ne puissent plus vous atteindre en raison du recul qu’elles provoquent. Ces ennemis n’auront d’autre choix que d’essayer d’avancer vers vous, ce qui entraînera inévitablement leur mort. Quant aux boss, ils sont plutôt difficiles à vaincre. Vous devrez leur porter des dizaines de coups, alors qu’eux, avec seulement quelques attaques bien placées, peuvent vous tuer. Les adversaires ordinaires ne m’ont presque jamais fait de dégât, tandis que j’ai dû recommencer les boss plusieurs fois avant de les surmonter. L’écart de difficulté entre les simples ennemis et les boss est trop grand. Aussi, une autre chose qui est difficile est de s’accrocher aux rebords efficacement. J’ai encore de la difficulté à savoir si je m’y prends de la bonne façon, car le résultat varie trop. Parfois, vous devrez vous reprendre à plusieurs reprises avant de réussir à vous accrocher.


En ce qui a trait aux chaînes, outre le fait de pouvoir vous en servir pour éliminer vos adversaires, vous pourrez aussi les utiliser pour soulever des portes, ouvrir des coffres, vous balancer sur des anneaux, etc. De plus, leur animation est vraiment excellente et elles sont très stylisées. Toutefois, même si la plupart des mécaniques associées aux chaînes fonctionnent correctement, deux d’entre elles ne répondent pas vraiment à nos attentes. Se suspendre et se balancer à l’aide des chaînes devrait être le clou du spectacle. Malheureusement, ces actions manquent de précision. Se balancer n’est pas si mal, on s’y habitue, mais il est aussi possible de remonter rapidement et de se propulser en appuyant sur « R1 » lorsque notre personnage est accroché. C’est aussi difficile à expliquer qu’à accomplir. Honnêtement, j’essaie d’éviter ce mouvement à tout prix, car je n’ai réussi qu’à tomber en essayant d’atteindre des endroits de cette façon. Au final, la liste des mouvements, bien que variée, est assez décevante. En effet, les mouvements sont souvent soit trop abusifs, soit trop difficiles à exécuter.


Un jeu trop linéaire
Malheureusement, je dois encore aborder des aspects négatifs avant de passer à des aspects positifs. Lorsqu’on parle de Metroidvania, la chose la plus importante est assurément le design des niveaux. Avoir une carte amusante à explorer et remplie de secret est un incontournable pour créer un chef-d’œuvre. Ici, il s’agit plutôt d’une longue promenade en ligne droite avec une occasionnelle porte à ouvrir. Des secrets sont cachés et il est possible de revenir sur ses pas après avoir maîtrisé une technique telle qu’un double saut, mais la carte manque cruellement de profondeur. Il y a pourtant tellement de bons exemples à suivre lors de la création d’un jeu de ce genre. C’est un peu dommage que Storybird Studio ait décidé d’opter pour cette formule, car le jeu aurait été beaucoup plus intéressant s’il nous avait amenés à explorer un vaste château, par exemple.
L’amélioration du personnage est aussi très linéaire. De temps à autre, vous trouverez des fragments de cristaux, ou des cristaux complets, qui vous permettront d’améliorer votre personnage. Cependant, ce que chacune des améliorations vous apporte réellement n’est pas très clair et l’impact des points investis semble minime. Ce dont je suis certain est qu’en investissant dans la vitalité, votre barre de vie s’allonge et, après avoir dépensé plusieurs points dans la puissance, je crois avoir débloqué de nouveaux combos. Il y a très peu d’indications et rien ne permet de savoir ce que chacun des points dépensés vous rapporte réellement.



Un design visuel remarquable et des animations soignées
Bien que certains aspects du jeu ne m’aient pas entièrement convaincu, j’ai été séduit par les graphismes dès que j’ai regardé la bande-annonce. Le pixel art est magnifique et les animations sont vraiment réussies. De l’ouverture des portes avec le fouet aux attaques des boss en passant par les différents environnements, tout est époustouflant. Il est clair que les artistes ont consacré beaucoup de temps et d’attention à la création de ces éléments visuels. Cependant, lorsque j’ai évoqué la notion de recette et de dosage au début de mon texte, je faisais référence à un aspect spécifique: le manque de viande au niveau de la jouabilité et une abondance de sauce au niveau du design visuel.
Au moins il y a aussi du dessert et je parle ici de l’audio. Dans ce département aussi, Beyond the Ice Palace 2 a reçu beaucoup d’amour. Les effets sonores sont très réussis. Les sons des chaînes, du crépitement du feu et des sons choisis pour naviguer dans le menu sont vraiment parfaits. La musique est également très plaisante et je n’ai rien à redire à ce niveau. C’est vraiment la présentation visuelle et auditive qui sauve le titre.


Mon avis
Beyond the Ice Palace 2 est un jeu qui innove très peu. Malgré son design visuel captivant, il est assez ordinaire en termes de jouabilité. Les niveaux sont très linéaires et il n’y a qu’une seule arme disponible. Les améliorations sont peu intéressantes et les ennemis sont trop faciles, surtout en comparaison avec les boss de niveaux. De plus, même si le fouet est agréable à utiliser, il ne vient pas sans ses défauts et les déplacements sont beaucoup trop lents, ce qui vous oblige presque à esquiver sans arrêt pour vous déplacer. Au-delà de l’esthétique et de la qualité sonore, Beyond the Ice Palace 2 ne parvient pas à se distinguer de la concurrence. Par contre, même si ma critique semble négative, j’ai quand même pris plaisir à y jouer. Il est cependant difficile d’identifier ses points forts. Dans l’ensemble, on peut qualifier ce jeu plutôt générique et facilement oubliable. Il obtient donc tout juste la note de passage de 6 sur 10.
Points positifs:
- Des animations superbes
- Du pixel art époustouflant
- Les chaînes, même si elles ont quelques défauts, sont bien implémentées et utilisées de plusieurs façons
- La bande-son et les effets sonores sont très réussis
Points négatifs:
- Les niveaux sont très linéaires
- Les déplacements sont lents
- Les boss sont un peu trop difficiles
- Le besoin trop fréquent de devoir achever les ennemis à l’aide de la touche R1
- Le système d’amélioration du personnage n’est pas au top
- L’histoire aurait mérité un peu plus d’amour
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Beyond the Ice Palace 2. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à PQube de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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